Daniel Roviras



Daniel Roviras a commencé à peindre à l’âge de 24 ans, à la fin de ses études scientifiques. Son univers coloré, vivant, parle d’un monde où la nature humaine est explorée avec violence et lucidité. La force de ses couleurs torture les corps qu'il peint, les rend vulnérables, tout puissants. Son travail consiste à écorcher, à déstructurer le vivant pour le rendre plus vrai. Ses œuvres touchent, construisent le mouvement, parlent du temps, de l’instant, de l’attente, des traces de nos vies pour que chaque détail, chaque aspérité en soit révélé. Il nous regarde vivre, marcher, courir, être immobiles, il observe nos gestes quotidiens et inscrit sur la toile ses colères, ses doutes, son effroi, sa révolte rédemptrice.Le trait bouleverse alors les courbes, les silhouettes de corps difformes, monstrueux qui expriment au plus profond ce que nous taisons.

V.M.



Une humanité d’ombres vivantes, très colorées, fortement  présentes surgit des tableaux de Roviras. Actions, attentes, cris, les émotions sont inscrites sur les visages fermés, frontaux, pour la plupart, dans une atmosphère brumeuse où se noient corps et formes. Une clarté irradiante troue l’espace transformant en visions bibliques ces peintures de la vie quotidienne et leurs violences. « De l’autre côté », ce que nous taisons à travers le temps est comme révélé….Ce que nous aimerions chasser revient. Nous voyons flotter les silhouettes fantomatiques : l’espace se creuse, le juge écrase la foule, derrière la vitre les visages se chargent d’intensité, les apparitions voyagent avec le paysage, simple poussière de matières colorées et lumineuses. Les peintures de Roviras donnent du souffle à l’irrespirable.

 Marie Vitoux


L'homme ou plutôt les hommes s'interrogent avec gravité sur leurs sorts. Visages dirigés vers celui qui essaie de grimper à cette corde sans attache... De qui se libérer et quelle hauteur veut-il atteindre? Les juges, les papes ou évêques, pointent leur doigt, indiquant menaces, fautes... à moins qu'ils ne signalent des « présages » à l'horizon. « L'horizon rouge le soir, présage le vent » dit-on. Sur ses peintures il plane un obscur climat de doute et les gens se rassurent par la proximité, le contact, la foule. Les regards tendus semblent attendre la clémence d'un ciel indifférent.
Daniel Roviras a tantôt une palette de terre ocre qui suggère l'effacement ou le souvenir, tantôt des éclats de couleurs vives rouge, violet, vert réveillant des fonds assourdis. L'épaisseur de la peinture se raye de fils ou de couches différentes de camaïeu. La lumière, elle, baigne tout l'espace.
Nous sommes dans un univers bien particulier, que nous aurions envie de déchiffrer. Pouvoir juger du présent et de l'avenir, quel suspense.

Marie Vitoux


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